Les dieux que je nomme, je ne les côtoie pas, ils sont dans les temps, dénudés comme des fils, la foudre les précède.
Lissée sur la parole, leur innocence à l’entame du jour, fait du châle de mes mots aux cals marbrés, un entêtement que rien ne distingue des caves des rats, des insignifiants conduits de terre aux déjections de piètres rampants.
La membrane est légère pourtant, qui devrait se découdre.
Les dieux arpentent nos corps menus,
C’est un fait,
Et quel odieux destin nous les empêche ?
Il en est trois, passant leur chemin lorsque du soleil je fixe leurs spectres bleus,
(par le goût des écorces je les connais,
Ces instants volent et mes filets se trouent).
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La peste dure et la lèpre aussi et le lait tiède de la vache à l’étable et la mouche velue et le criquet et le pas du doute dans chacun des pas et l’herbe grêle qui frise et le blé ininterrompu d’un pays flambeur et Miss attachée à son pieu, sa corde et son cercle parfait et la déglutition des anges quand il pleut et la courbe d’un homme à la seconde et le cri d’entre les langes et la répétition des mers laborieuses contre les falaises et l’oiseau aimant debout sur sa queue et moi que rien n’indique.
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A R. Munier
Ainsi l’être de la forêt là, dis tu,
A distance fulgurante de l’être portant à son regard la totalité de la forêt, des branches, l’être alors jeté froid au cœur, à la périphérie de la forêt étant absent à lui-même tout en nommant jusqu’à la moindre mousse, et sans conscience de l’être et des noms, mais à l’appui de la présence de l’être à soi, de la forêt qui danse dans le silence de tous ses bras que la brise augmente, toujours en la distance du double de l’autre forêt illuminée à soi,
Etant que rien n’arrête
Que rien ne bouge,
L’être étant sa seule orée, la forêt, en cet étant s’annonce, se délie, en elle ne dit rien d’autre qu’elle,
Mais au bout des branches, l’être replie ses faibles mains de cendres
Et le soleil gîte sur le flanc, ultime carcasse,
Ne pénètre aucunement dans les méandres de l’être, des chemins de l’être perdu en ses racines,
Le moindre poucet gît comme un bolet,
Une morille sous des lichens usés,
Mais la forêt s’en va en ses eidétiques nécessités percevoir ce que sa langue ne dit plus,
Et moi, étant la coupe de fiel que je bois, enivré de l’étant de la forêt battante comme deux portes de bois,
Je parcours ma nuit d’ignorance tel un mendiant cerné par les pages, couperets des signes aux lettres noires,
(Ah ! Comme le soulignait Wang Wei, soyons ivre ! )
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